L’humain connecté aux Universités du Numérique du MEDEF : le « Quantified-Self » pour vivre mieux

La santé connectée suscite les appétits d’une multitude d’acteurs. Ses enjeux, les conditions de son déploiement et le rôle des partie-prenantes dans le tournant de cette révolution du 21èsiècle sont l’une des thématiques abordées aux Universités du numérique du Medef qui avaient lieu le 17mars dernier à Paris sous le thème « Au grand festin du numérique, serez-vous à table ou dans l’assiette ? ».

Pour y répondre, des représentants de grandes entreprises comme le groupe mutualiste Malakoff-Médéric  ou encore Philips Healthcare, et de start-up en santé numérique comme Plume Labs, Santech ou Mybiody en ont débattus. En introduction, le laboratoire Servier a d’abord traiter des apports des technologies digitales sur la prise en charge des maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires….L’industrie pharmaceutique identifie au moins 3 axes de progrès. D’abord, l’amélioration de l’observance au traitement grâce à des outils digitaux de suivi personnalisé des patients. La récolte et l’analyse des données de santé en masse permettraient de mieux comprendre comment le corps interagit avec le médicament en vie réelle, ce qui permettrait  d’optimiser l’efficacité des traitements. La santé mobile peut aussi permettre la modification des comportements individuels d’hygiène de vie. Le troisième acte consisterait à traiter et suivre le patient à distance afin de contribuer à améliorer son état. Mais, au-delà d’études pilotes prometteuses, il y a un besoin de professionnalisation au niveau national et international, ainsi que d’une approche structurante pour le corps médical afin de mieux cibler et évaluer l’efficacité d’une solution thérapeutique. L’industrie pharmaceutique peut jouer ce rôle car c’est son cœur de métier. Le déploiement à grande échelle également. Demain, l’enjeu pour ces industriels du médicament est de mettre à disposition une offre de soin plus globale incluant un médicament et un service de type logiciel ou une application mobile de suivi et d’évaluation du traitement afin de délivrer des études médico-économiques et des engagements de résultats. Cela ne pourra se faire que grâce à des partenariats entre les acteurs du médicament et les experts de ces nouvelles technologies comme Google ou le formidable tissu de start-ups françaises qui existe (cf le rapport du PIPAME de février 2016 « E-santé : faire émerger l’offre française en répondant aux besoins présents et futurs des acteurs de santé »). Renvoyer vers http://www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/e-sante-faire-emer...
Mais la création et gestion de ces partenariats ne se décrète pas. Elle requiert des professionnalismes spécifiques – INTEGRATEUR de métiers/techniques/solutions - capable de maîtriser de tels écosystème complexes d’innovation (cf FB-Ingénierie & Communications).

 

L’humain connecté aux universités du numérique du MEDEF

Autre enjeu lié : les objets connectés au nombre aujourd’hui de 5 milliards dans le monde, et de 20 milliards prévus en 2020 dont 15% pour la santé et santé bien-être. Le développement de l’auto-mesure du patient et l’utilisation des données de santé en masse ainsi générées contribueront à une meilleure gestion de soins et développer une médecine prédictive. Le laboratoire Servier attire néanmoins l’attention sur le danger d’aller trop loin dans la protection des données au risque de tuer la e-santé, une révolution technologique majeure mais fragile. Pour ne pas perdre ce nouveau combat mondial indique t’il, il s’agirait donc pour les pouvoirs publics d’établir un cadre législatif incitateur pour ce tissu de start-up. La France devrait alors se positionner, selon lui, non pas comme un régulateur contraignant mais plutôt comme leader dans ce domaine.

 

Florence BERNARD, présidente de FB-Ingénierie & Communications et anciennde Directrice Santé de l'Union des Annonceurs